Du chat et son humain
Fidèle est ma mémoire ; entier le souvenir
De ce soir de printemps où je t’ai vu venir
Tout petit, tout mignon, égaré, tu tremblais
Miaulant ton désarroi, du regard appelais
Vers moi tu es venu comme un accroche-cœur
Ému, j’ai entrouvert la porte de mon cœur
Et mon âme d’enfant, et ton cœur ronronnant
L’espace d’un instant sont devenus amants
Inspirée en ce soir, en confesse ma main
Livre ma nostalgie à de tendres quatrains
Étendu sur le flanc, près de moi, ronronnant
Ton chant doux et vibrant vient sublimer l’instant
Ma plume j’ai posée, et mon regard sur toi
S’attarde tendrement, me fait vivre l’émoi
En un geste léger, ma main qui te caresse
Insuffle en toi, mon chat, mes élans de tendresse
Mon cœur, t’en souviens-tu ?
Tu fus d’abord pour moi cette si tendre chose
Ce petit bout de rien qui inspirait ma prose
Ce petit animal, pétulant et joyeux
Ce petit bout de chat qui enchantait mes yeux
Et puis, le temps passant, devenu cette chose
Ce petit bout d’amour qui sublime ma prose
Toi, petit bout de chat, de ma vie suzerain
Aujourd’hui tu bénis, ennoblis mes demains
Dis-moi, gracieux félin, aux lignes pures, racées
Tendresse et cruauté en toi entrelacées
Ne cacherais-tu pas, lové sous ton pelage
Un secret qui nous fait devenir ton otage ?
Serait-ce ta beauté, admirable attribut
Qui fait que notre attrait en paye le tribut ?
Ô chat mystérieux, toi sur qui l’on se pâme
Dis-nous, qui donc es-tu ? Aurais-tu donc une âme
Qui capte nos regards, nous pousse à t’admirer
Une âme toute humaine et qui nous fait t’aimer ?
Humain, je vais te dire…
« Mon secret ? Sais-tu que c’est toi qui le détiens ?
C’est en ton intérieur, en ton cœur qu’il se tient
Tu as besoin d’amour ; tu as besoin d’aimer
Aimer en vérité, pour mieux te retrouver
Tel est bien mon pouvoir, ainsi est mon essence
D’exalter ton amour dans ta piètre existence
Né d’un dessein divin, ainsi fut ma venue
Pour t’apprendre à aimer sans peur ni retenue
Ce soir, ferme tes yeux ; laisse parler ton cœur
Oublie donc ma beauté, honore la candeur
D’un amour qui oublie ma féline beauté
Pour éprouver l’amour et sa félicité
Alors ton cœur aimant, sans besoin ni censure
Deviendra cet humain qui aime sans mesure »



