L’espace d’un regard
Nous nous sommes connus l’espace d’un regard
Et je vous ai aimée dès cet instant précieux
Que maître temps, pressé, voulait sans un retard
Supprimer en mon cœur, effacer de mes yeux
Tout l’espace du jour en moi êtes restée
Jusqu’à ce que le soir me vole mon éveil
À la nuit étoilée alors vous ai confiée
Tout en priant mon cœur de garder son éveil
Béni, vous ai rêvée en un rêve tenace
Pour mieux vous retrouver dès l’aube revenue
En ce jour qui renaît, voyez, je vous enlace
Avec un cœur qui bat, pour vous, belle inconnue
Le temps chasse les jours ; l’instant est sans retour
Plus jamais mon regard ne croisera vos yeux
Pourtant, au fond de moi, en un furtif retour
Parfois me revenez dans un instant précieux
Et vous vous tenez-là, et je ferme les yeux
Pour mieux vous retrouver, pour revivre ce jour
Souvenir suranné d’un trouble merveilleux
D’un éternel émoi qui se nomme Amour



