Siège de Belfort 1870 à 1871
Siège de Belfort 1870 à 1871

BELFORT – 1870 – LE SIÈGE

« Nous connaissons l’étendue de nos devoirs envers la France et envers la République et nous sommes décidés à les remplir. »

Ainsi s’était adressé le colonel Denfert-Rochereau à l’ennemi qui le sommait de se rendre.

Reddition !! Cet ordre fut ma première mort.

 

Le siège

Et le canon tonnait, tonnait, semait la mort
Il meurtrissait les pierres ; il mutilait les corps
À la solde d’un prince il voulait la victoire
D’un pays belliqueux s’accaparant l’Histoire
Il se savait puissant ; il se croyait glorieux
Se voulait conquérant, se voyait victorieux
Résister vaillamment vaut plus qu’une conquête
Quand de fiers combattants ne baissent point la tête
Face à un ennemi qui veut en impiété
S’approprier ce droit qu’on nomme liberté
Leur combat a cessé après cent trois longs jours
Par un ordre reçu, sans gloire et sans bravoure
Que vaut donc ta fierté de nous avoir vaincu
Sans nous mettre à genoux, par un ordre reçu ?
Tu le savais pourtant que l’on ne peut en vain
Convoiter une terre, lui voler ses demains
Vois-tu, sombre ennemi, ta victoire sans gloire
Jamais ne fleurira au jardin de l’histoire
Alors que nos soldats, combatifs et vaillants
Ont gagné cet honneur qui sied aux résistants
Et ce fut celui-là, par le respect servit
Les armes haut levées qu’aux vaincus tu rendis
Toi, Denfert-Rochereau, stratège au cœur vaillant
Toi qui a résisté au puissant assaillant
Si ton nom est cité dans nos livres d’histoire
C’est pour nous en héros qu’il étreint nos mémoires
Et si l’on se devait d’honorer ta personne
Courageuse, obstinée, face au canon qui tonne
C’est ton bronze dressé au cœur de la cité
Qui brave notre oubli pour une éternité

De toi, Belfort

Ô toi, ville assiégée, meurtrie mais affranchie
Vivante et souveraine malgré ton agonie
Sous un voile sacré le linceul de l’histoire
Recouvre désormais tes haut faits et ta gloire
Il est en nous un lieu qui se nomme devoir
De par ses fondements, on ne peut le déchoir
Qu’importe l’obédience, les dogmes et la foi
En un cœur exalté son esprit devient loi
Ô toi, Edouard Meny, toi le maire éprouvé
Marqué par la douleur des gens de ta cité
Vivant la compassion sans vivre la fierté
Ton combat fut devoir en ton humanité
Et que dire de vous, habitants de Belfort
Vous qui avez souffert l’assaut de votre fort
Vous êtes les héros de vos combats sans armes
Affrontant le canon, la douleur et les larmes
Que votre exaltation, cet enfant du courage
Devienne le ferment d’un vivant héritage
Celui qui nous convie à vivre en dignité
Nos actes et valeurs face à l’adversité
Ainsi, dans la souffrance, ô toi, fière cité
En ta terre de France gagnais ta liberté

De notre lion

Mais que vaut la bravoure privée du souvenir
De ceux qui ont souffert pour notre devenir ?
Ainsi es-tu venu, toi le lion de pierre
Afin que nul n’oublie l’enjeu de cette guerre
En témoin silencieux tu te veux désormais
De la ville anoblie notre emblème à jamais
Auguste Bartholdi, ton œuvre est magistrale
Tu le voulais puissant ; il est monumental
Son poitrail haut dressé, sans rancune et sans gloire
Sans esprit de vengeance, il se veut la mémoire
Du combat héroïque et de l’abnégation
D’un petit bout de France soumis à l’oppression
Ami d’ici, d’ailleurs, toi qui est de passage
Suspends ton pas pressé, écoute mon message
Si symbole je suis, perché sur mon prétoire
J’aimerais plus que tout, en nos livres d’histoire
Lire la vanité de conquérir le monde
S’approprier son cours au mépris de sa ronde
Alors va, mon rugir, par-delà les frontières
Va dire l’ineptie, la folie de nos guerres
Fustige cet orgueil tiré de nos fait d’armes
Ces tendancieux servants de la mort et des larmes
Car si un pieux combat peut glorifier l’Histoire
Il sied à notre cœur de nous offrir l’espoir
De rêver une terre où les frères humains
Jouiront pour toujours leurs paisibles demains

“ Le malheur ne prend corps que dans le cœur de ceux et celles qui ont perdu tout espoir. ”

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